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Jeudi 12 novembre 2026 | 17h – 18h30
Balancing Growth in a Warming World

Adrien Bilal, Professeur assistant d’économie – Université de Stanford, Californie
Adrien Bilal est professeur assistant au département d’économie de l’Université Stanford, fellow au Stanford Institute for Economic Policy Research (SIEPR) et professeur associé en sciences sociales de l’environnement. Avant de rejoindre Stanford, il a enseigné à l’Université Harvard. Il a obtenu un doctorat en économie à l’Université Princeton en 2020 et a auparavant étudié à la Paris School of Economics et à l’École Polytechnique, où il s’est formé en mathématiques et en physique.
Ses recherches se situent à l’intersection de la macroéconomie, de l’économie du climat, et de l’économie spatiale et du travail. Il étudie comment le changement climatique affecte la croissance agrégée, les inégalités régionales, ainsi que la manière dont ces effets interagissent avec les politiques publiques. Ses travaux ont été publiés dans des revues comme le Quarterly Journal of Economics et Econometrica. Il a reçu le prix du meilleur jeune économiste de France en 2026 pour ses travaux sur la macroéconomie et le changement climatique, ainsi que la médaille Frisch en 2026 pour ses travaux sur la macroéconomie et le marché du travail.
Parmi ses contributions récentes figure The Macroeconomic Impact of Climate Change: Global vs. Local Temperature (avec Diego Känzig), qui montre que les effets économiques du réchauffement climatique pourraient être nettement plus importants que ce qui était estimé jusqu’à présent — avec une perte potentielle de 23 % du PIB mondial par degré de réchauffement. Dans Anticipating Climate Change Across the United States, il met en évidence la manière dont l’interaction entre comportements anticipateurs et investissement en capital façonne les impacts régionaux et agrégés du changement climatique. Il est également co-auteur, avec James H. Stock, de A Guide to Macroeconomics and Climate Change, une revue complète de la littérature en rapide expansion sur le changement climatique et la macroéconomie. Ses travaux en cours portent sur les effets du changement climatique sur la croissance économique et la mortalité.
Son article « Balancing Growth in a Warming World » développe une théorie de la croissance équilibrée et de la politique climatique optimale dans le cadre d’un modèle d’évaluation intégrée. Une trajectoire de croissance équilibrée reste possible malgré le changement climatique, mais à un rythme plus faible.
Deux régimes de politique climatique distincts émergent du fait que les émissions augmentent durablement le stock de carbone. Lorsque les dommages sont faibles, la croissance optimale coïncide avec celle obtenue en laissez-faire, et le carbone est tarifé à un niveau constant. Lorsque les dommages sont élevés, la politique optimale plafonne le rythme de hausse des températures afin d’éviter une aggravation croissante des pertes et permet d’atteindre une croissance économique plus rapide qu’en situation de laissez-faire, grâce à une tarification du carbone qui augmente au cours du temps.
Nous quantifions notre modèle et montrons que les estimations empiriques des dommages couvrent ces deux régimes. Lorsque les dommages sont faibles, la politique optimale procure un gain de bien-être de 1 %, avec un réchauffement compris entre 3 et 8 °C par siècle, sans modification du taux de croissance de long terme. Lorsque les dommages sont élevés, la politique optimale accroît la croissance annuelle de 0,8 point de pourcentage et génère un gain de bien-être de 26 %, en limitant le réchauffement à 0,4 °C par siècle.